Renaud est parti le 19 décembre.

Quelques jours avant Noël, quelques jours avant les célébrations de la nouvelle année.

J’ai toujours adoré les fêtes, en fait, je forçais même Renaud à rester avec nous pour célébrer, lui qui ne comprenait pas vraiment le réveillon ou le décompte de la nouvelle année.

Nous avons décidé de célébrer Noël, tout de même. Nous avons soupé avec ma tante et ma grand-mère, à la maison. Nous nous sommes remis nos cadeaux, comme à l’habitude. Philippe avait même acheté un cadeau à Renaud, après son décès…

Une "vie" deuil pendant les fêtes

Une vie.

La fête de Noël a été plaisante, nous avons tous été heureux d’avoir célébré tout de même.

Dans notre famille, le party des fêtes se déroule le 1er janvier. Depuis hier, je me sens coupable de me préparer pour cette fête. Je me sentais coupable lorsque, lors de l’émission de Noël d’Infoman, ils ont mentionné que les familles japonaises qui ont vécu un deuil ne célèbrent pas les fêtes. Je me suis sentie coupable lorsque nous nous sommes tous souhaité « bonne année! », avec un verre de champagne, à minuit.

Comment peut-on continuer à vivre normalement, alors que Renaud est parti?

Présentement, je suis maquillée, j’ai les cheveux tout arrangés, j’ai mis mon « kit des fêtes »… Et je me sens coupable.

Une partie de ma tête me dit que je fais la bonne chose, que je ne peux arrêter de vivre aussi. Cette partie me dit que Renaud était quelqu’un de tellement heureux, tellement positif, il ne voudrait pas nous voir tristes en tout temps. En fait, il avait la mauvaise habitude de rire lorsque quelqu’un pleurait… Fâchant par moments, mais plus souvent drôle.

L’autre partie de ma tête me dit que je ne peux pas faire comme si de rien était. Je devrais consacrer tout mon temps à penser à Renaud, à m’ennuyer de lui, à regarder des photos, des vidéos. Que la vie ne peut pas continuer si rapidement, si normalement. Qu’en deux semaines, je ne peux pas être passée à autre chose.

 

En même temps, demain, je recommencerai à travailler, après deux semaines d’arrêt. Je n’aurai même pas l’option numéro deux.

Je devrai continuer à vivre.

Je me demande simplement quand je pourrai réellement le faire, sans culpabilité.