J’ai toujours dit (à qui voulait bien l’entendre) qu’à 25 ans, j’aurais une carrière et un copain.

À 24 ans et environ 340 jours, je n’avais aucun des deux. J’étais… disons… découragée face à l’avenir.

Puis, sans que je m’y attende… on m’offre un poste. Une vraie job. D’adulte. Moins d’une semaine avant mon anniversaire.

 

À 24 ans et environ 340 jours, je n’avais jamais de ma vie eu un emploi stable, du lundi au vendredi, avec toujours les mêmes heures. Malgré mon souhait d’avoir une carrière, j’avais toujours fui ce type de vie.

Je faisais mon épicerie le mardi après-midi, j’allais chez la coiffeuse le mercredi, comme bon me semblait. Si ceci signifiait accepter des contrats le weekend, alors je travaillais le weekend, simplement.

J’étais habituée à ce type de vie.

 

Alors, quand j’ai commencé à travailler selon des heures fixes, j’ai eu de la difficulté. Mon appartement était encore plus bordélique qu’à l’habitude, je mangeais au resto parce que je ne savais plus quand faire l’épicerie, je ne savais même plus quand faire le lavage…!

Mais tranquillement, je commençais à m’adapter.

 

Puis, deux semaines plus tard à peine, Renaud est parti. Je suis donc retournée chez mes parents quelque temps, pour vivre le deuil en famille.

 

Le 2 janvier, la vraie vie devait recommencer. Je ne pouvais pas arrêter de vivre, car Renaud avait arrêté de vivre.

J’ai donc recommencé à travailler. Mais toute cette adaptation face au 9 à 5 était à recommencer.

Et avec encore plus de difficulté. À la fin de mes journées, j’étais tellement épuisée, en raison de l’insomnie qui frappe une nuit sur deux. En raison de tout ce qui se passait dans ma tête.

Le bordel était encore plus grand, j’avais encore moins d’options pour manger, moins de linge à porter…

 

Alors aujourd’hui, j’ai remis le tout à zéro. Je me suis offert une journée de bonheur.

Une journée juste pour moi.

Je me suis levée tard, puis j’ai bu mon café en écoutant des émissions de décoration sous une couverte de polar.

J’ai pris un bain moussant d’une heure, en lisant un roman de fille.

J’ai mis du vernis rose.

Je suis allée à la pharmacie, chercher un masque.

Je suis allée à l’épicerie, chercher quelque chose à manger ce soir.

Je suis allée à la SAQ, chercher une bonne bouteille de vin.

 

Je m’apprête à enfiler mon pyjama à nouveau, faire cuire ma fondue parmesan, et mes pâtes tomates-brie.

Et à écouter un Harry Potter, verre de vin à la main.

 

Après une journée comme celle-ci… Je suis prête à affronter la vie.