Au moment d’écrire ces lignes, je suis au Nicaragua depuis près de trois semaines. Pas pour voyager, mais bien pour fuir l’hiver un peu en faisant du bénévolat à l’auberge Free Spirit, dans le petit village de pêcheurs d’El Transito.

El Transito

El Transito ❤️

Je venais ici pour travailler quelques trucs par rapport à ma personne, principalement mon manque de concentration et ma résistance face aux distractions.

En cours de route, j’ai réalisé plein d’autres trucs, comme le fait qu’il me reste beaucoup plus de travail à faire sur mon perfectionnisme que je le croyais et que le temps est un concept bien différent selon l’endroit où on se trouve.

Ici, le temps est flexible. Le manque de temps, ça n’existe pas. Les retards non plus. Ce stress que nous vivons toujours au Québec est 100% absent.

Par hasard total, il y avait aussi dans la bibliothèque de l’auberge le livre The 4-Hour Workweek de Tim Ferriss, qui parle justement de gestion du temps. J’ai dévoré le livre, malgré quelques passages trahissant son âge (il a été publié en 2006).

The 4-hour workweek

Un passage sur le mode de vie à la plage m’a particulièrement marquée. Il s’agit d’une anecdote fictive sur un homme d’affaires américain et un pêcheur mexicain (qui se retrouve aussi dans le livre Le Why Café).

Le pêcheur est très content de son mode de vie où il pêche, relaxe, passe du temps avec ses amis, ses enfants et sa femme. L’homme d’affaires lui propose de grossir son entreprise pour avoir beaucoup plus d’argent… afin de prendre une retraite où il ferait enfin… ce qu’il fait déjà.

Ça fait réaliser plein de trucs.

J’ai donc décidé de revisiter ce billet, écrit originalement en 2014, pour partager quelques réflexions récentes.

Perception du temps

Comme je crois qu’une meilleure gestion financière ne passe pas nécessairement par l’amélioration de nos connaissances comptables, mais plutôt par une meilleure organisation et gestion de nos priorités, je crois maintenant que l’on peut retirer beaucoup de nos stresseurs en changeant notre perception du temps.

Au Nicaragua, je fais du bénévolat six jours par semaine. Six soupers et un déjeuner pour +/- 50 personnes, la liste d’épicerie et la planification des repas. Ça signifie une moyenne de 3-4 heures par jour cinq jours et six heures la sixième journée. Environ 20-25 heures par semaine.

C’est quand même beaucoup d’heures.

Pourtant, j’ai plus de temps que jamais.

Je me lève à 6h, sans alarme. Je fais une marche bien relaxe sur la plage, environ 3km qui me prennent près d’une heure porte à porte. Ensuite, je déjeune sans aucun écran à proximité, je vais faire un tour sur mes réseaux sociaux pendant 10-15 minutes pour m’assurer que tout est sous contrôle, puis je fais un cours de yoga de 1h.

Lever de soleil à El Transito

À ce moment, il est 10h30. Soit je lis, soit je fais une activité, soit je travaille, ça dépend de la journée, de mes envies et de mon énergie. Plutôt que de suivre un horaire strict, je me laisse faire ce que mon corps (et la température) me dit.

Vers 11h45-midi, je dîne, puis j’ai environ 15-30 minutes de mon travail de bénévole à faire. En après-midi, même chose qu’en matinée, ça varie.

Souvent, je fais une sieste, aussi.

Puis, vers 16h-16h30, je commence à cuisiner, je prends une pause pour le coucher du soleil, on soupe en groupe à 19h, je prends ma douche et je lis. Je m’endors habituellement rapidement vers 22h.

J’ai l’impression que mes journées durent 48h tellement j’accomplis de choses… mais que mes semaines durent trois jours.

Moi qui cuisine au Free Spirit Hostel

Ce qu’on peut apprendre de ce mode de vie

Je réalise que ce mode de vie n’est pas accessible à la majorité d’entre nous. Nos horaires sont souvent dictés par d’autres, on ne peut pas juste décider de modifier celles-ci (quoi que The 4-Hour Workweek donne des astuces qui sont applicables à plus de gens que tu crois).

Mais on peut s’en inspirer quand même!

Un des trucs que j’aime me répéter, c’est que tout le monde a les mêmes 24h dans une journée. Moi, toi, Beyoncé, Justin Trudeau, n’importe qui.

Chacune des secondes que l’on vit est un choix. J’ai lu ceci dans le livre Everything is Figureoutable, de Marie Forleo. Elle y explique ce concept, suivi des objections possibles.

  • « Bin là, je n’ai pas le choix de travailler! »
  • « Bin là, je n’ai pas le choix de faire le ménage! »
  • « Bin là, je n’ai pas le choix de faire Obligation X! »

Ça m’a pris deux ou trois relectures pour assimiler son raisonnement, mais plus j’y pense, plus je me dis qu’elle a raison. Travailler, faire le ménage, ce sont des choix que l’on fait, car on connaît les conséquences de ne pas le faire. Ça reste un choix. Tu pourrais techniquement t’endetter jusqu’à la faillite et laisser ta maison devenir une dompe.

Tu fais le choix de ne pas laisser ces situations arriver.

Alors, on peut changer certains de nos choix, nous permettant de profiter du temps différemment.

Dépendance aux écrans

Un des gros trucs que je veux travailler en 2020, c’est ma dépendance aux écrans. Depuis plusieurs mois, j’ai activé la fonction Temps d’écran du iPhone, et je reste choquée de constater que je peux facilement passer 3 à 4h par JOUR sur mon téléphone. Si j’ajoute à ça environ 8h de travail à l’ordi et 2h de télé de soir, ne te demande pas où passe la majorité de ma journée…

C’EST TREIZE HEURES SUR 24 DEVANT DES ÉCRANS. TREIZE. 13!!!

Je ne manque pas de temps, je l’utilise juste mal. Je fais des choses automatiquement, sans m’en rendre compte. Checker Instagram, regarder un film, relire mes courriels.

Mes 8h de travail ne sont même pas toutes productives, car je me laisse distraire par tout.

Au Nicaragua, je n’ai pas vraiment internet. Pour écrire un billet de blogue, je dois ouvrir le bon vieux Microsoft Word et écrire sans distraction. Quand je lis mes courriels, je sais que je ne veux pas y passer des heures, j’essaie de clairer ça rapidement.

J’ai l’impression d’avoir mieux travaillé, d’avoir accompli plus de choses en moins de temps, depuis que je suis ici.

Travail au centre communautaire d'El Transito

Boulot au centre communautaire ❤️

En trois semaines, j’ai écrit cinq articles, j’en ai avancé 2-3 autres, aka le même nombre que j’écris habituellement à Montréal… en travaillant environ 1h par jour.

C’est là que tu réalises que ce n’est pas réellement du manque de temps qui nous bloque.

Quand on pense manquer de temps

La première version de ce billet a été écrite en janvier 2014, après que j’aie travaillé un mois dans une fabrique de chocolats, pour boucler mes fins de mois. 2013 a été une année très difficile financièrement pour moi, alors que je suis revenue endettée de mon voyage de six mois et que j’avais de la difficulté à trouver un emploi stable.

Mon contrat à la fabrique de chocolats commençait à 7h, cinq matins par semaine. Je devais donc me réveiller à impossible o’clock pour pouvoir me rendre à l’heure. Et, comble du malheur, je souffre de déprime saisonnière et me lever avant le lever du soleil est pas mal la chose que je déteste le plus. Ah, et quand je sortais de là, le soleil se couchait. 

Coucher de soleil hivernal

Les deux p’tites minutes de soleil que j’avais en sortant de la fabrique…

Pourtant, j’ai alors pris une décision qui pourrait sembler étrange : me lever PLUS tôt afin de prendre une douche réconfortante, profiter de mon café tranquillement et faire une séance de luminothérapie. Le résultat? Beaucoup plus d’énergie, beaucoup moins de fatigue. Malgré un réveil encore plus tôt.

Je n’avais pas le temps, mais je l’ai pris quand même.

« Je n’ai pas le temps… ni l’argent »

Dans la vie, nos excuses pour ne pas faire quelque chose sont souvent liées au temps, comme mentionné plus tôt, ou à l’argent.

Deux excuses que l’on utilise à toutes les sauces, à gauche et à droite.

Oui, certaines ont des horaires qui font qu’elles n’ont réellement PAS le temps. Et, oui, certaines vivent des difficultés financières qui font qu’elles n’ont réellement pas les moyens de s’offrir des petits bonheurs.

La plupart d’entre nous choisissent simplement de ne pas le prendre. On utilise mal le temps qu’on a et après on essaie de se justifier en prétendant que c’est quelque chose qu’on ne peut pas contrôler.

Pourtant, mes exemples plus haut le montrent bien. Ici, j’ai les mêmes 24h dans ma journée. Mais mon temps est utilisé très, très, très différemment.

Il est possible de le prendre, ce temps, sans grands moyens… ni grand temps. Hah!

Au Nicaragua, je bouge au minimum deux heures par jour. DEUX HEURES! Au Québec, c’est toujours la première chose qui saute de mon horaire, car « je n’ai pas le temps ».

J’ai eu un entraineur privé pendant un an pour apprendre à bouger correctement – je peux maintenant le faire seule, sans équipement, sans que ça me coûte une cenne. Ce manque de temps (et d’argent) n’en est pas réellement – c’est de la paresse.

J’ai parlé de ma dépendance aux écrans plus haut. Je suis incapable de *seulement* regarder la télé (je finis toujours par regarder mon cell!), pourquoi ne pas en profiter pour bouger? Je l’ai longtemps fait. Lâcheté. Pas un manque de temps.

Everything is figureoutable

Pour rementionner Marie Forleo, ma citation préférée d’elle, c’est « Progress, not perfection« . Le progrès, pas la perfection. Ne t’en veux pas si ta gestion du temps ne devient pas parfaite du jour au lendemain.

Prends simplement le temps de te questionner où part ton temps. Si tu as un iPhone, utilise Temps d’écran. Tu peux même faire l’exercice de noter toutes tes activités, le même principe que noter toutes tes dépenses.

Souvent, notre perception du temps est tordue. On pense qu’on n’a aucun pouvoir sur celui-ci. Mais oui, on en a. On peut le maximiser.

Si je peux cuisiner pour 50 personnes, bouger deux heures par jour, lire, manger trois repas, travailler, faire une sieste, passer du temps avec des amis ET trouver le temps un peu long par moments, je te confirme que mon manque de temps à la maison n’est pas réellement pas causé par un manque de temps.

Juste un manque de gestion, une succession de mauvais choix.

Alors : prenons le temps. On l’a, on est en vie.

Je te partage d’autres réflexions dans mon billet sur la « chance » et le « courage ».

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Image pour Pinterest : manque de temps

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