L’automne dernier, j’ai eu un gros blues lié à l’arrivée imminente de l’hiver. J’avais eu la pire température ever lors de mon voyage en Australie et le temps gris et froid m’est rentré dedans comme une tonne de briques.

Moi en Tasmanie

Le « printemps » en Tasmanie ou la fois où je portais quatre chandails sous mon manteau et que j’étais quand même frigorifiée

Je voulais profiter de l’hiver au chaud, mais mon budget voyage était amputé pas mal suite à mes trois voyages de 2019.

Je me suis alors rappelé qu’il y a quelques années, j’avais entendu parler du fait qu’il était possible de faire du bénévolat à l’auberge Free Spirit, au Nicaragua, en échange de son lit et de ses repas. Je me suis dit que ce serait une bonne façon de voyager à petit prix

J’ai envoyé un courriel pour m’informer du fonctionnement et ils m’ont répondu qu’il était possible de m’y rendre en janvier. J’ai donc commencé à regarder les billets d’avion et lorsque j’ai trouvé un vol à prix raisonnable (environ 550$), je leur ai écrit pour confirmer mon intérêt.

Malheureusement, à ce moment, il n’y avait plus de place pour la position qui me faisait de l’oeil (aide-cuisinière), mais on me dit de venir, qu’on me trouverait quelque chose d’autre à faire. Je n’ai pas osé retourner dans mes courriels pour voir si on m’a dit ce qu’était ce quelque chose d’autre (et que je ne sais pas lire) ou non, mais j’ai dit OK sans savoir dans quoi je m’embarquais.

vue de l'avion

Arrivée au Free Spirit

Je suis arrivée au Nicaragua en soirée, j’ai donc choisi de passer la nuit à Managua avant d’aller à El Transito, le village où l’auberge est située, en matinée. Le Free Spirit fait affaire avec un chauffeur de taxi, Oswaldo, qui nous mène à l’auberge (environ 1h30 de route) pour 65$US.

Ce n’est pas donné, mais des gens ayant visité Managua précédemment ont réussi à me faire peur au sujet des petits vols visant les touristes au terminus, alors j’ai préféré le transport en taxi au chicken bus, qui m’aurait coûté moins de 5$US. Après tout, je venais me bencher à l’auberge pour un mois, mes autres dépenses seraient plutôt minimes.

L'auberge Free Spirit Hostel Nicaragua

Mon arrivée a été plutôt drôle. La première chose que j’ai vue est le dortoir de bénévoles, avec des murs en palettes de construction et des nets pour les moustiques. Huit lits, pas de vrais murs et il ne reste qu’un top bunk : dans quoi me suis-je embarquée?! (Les autres chambres sont plus jolies, haha).

Ensuite, j’ai eu droit à une visite des lieux et je me suis renseignée sur mes tâches… « Quand saurai-je ce qui est au menu? Ce que j’aurai à faire? Les ingrédients auxquels nous avons accès? »

« Quand tu décideras ce qui est au menu et quels aliments tu commandes »

« Hein? »

« Tu es la chef! »

« …ah. OK. Euh. Wow. OK. Qu’est-ce que ça signifie? »

« Tu choisis le menu, tu fais les listes d’épicerie en conséquence, puis tu prépares les repas pour une moyenne de 35 à 40 personnes (parfois jusqu’à 50) en plus de 10 lunchs, six jours par semaine »

😮😮😮

Disons que l’anxieuse que je suis a eu un méga stress à gérer ce jour-là.

Galette de quinoa

Ce qui allait devenir mon repas le plus populaire : mes galettes de quinoa!

Premiers repas

J’ai décidé mon menu de la semaine et j’ai préparé la liste des ingrédients à acheter. Sauf que dans un petit village de pêcheurs au fin fond du Nicaragua, on ne fait pas l’épicerie comme à Montréal!

Il faut commander les fruits et légumes trois jours à l’avance, deux fois par semaine, le pain, le lundi et pour tout le reste, faire une liste pour quand les propriétaires iront en ville.

Et on espère recevoir ce qu’on a demandé.

Bref, lors de mon premier souper, j’ai dû cuisiner avec ce qui était dispo. J’ai choisi de faire un chili, car je trouve que c’est un excellent touski.

Moi qui cuisine au Free Spirit Hostel

Mon premier souper!

Cuisiner des repas pour une cinquantaine de personnes ne se fait pas comme pour cinq.

À 13h, je devais me rendre en cuisine pour sortir les ingrédients nécessaires et expliquer à Rosa, Wendy et Maria, des femmes locales qui travaillent à l’auberge, ce que nous prévoyons faire, pour qu’elles coupent tous les légumes nécessaires.

Ensuite, généralement vers 16h-16h30, je retournais en cuisine pour commencer à cuisiner comme tel. C’est arrivé que je commence plus tôt comme plus tard, ça dépend de la complexité de ce qu’on prépare!

Vers 18h40, on commençait à placer la nourriture dans les assiettes et vers 19h, on invitait tous les clients à s’asseoir à table.

Le chili a été un succès, malgré le fait que j’aie un peu échappé la poudre de chili dans le chaudron. Mariline, l’aide-cuisinière, a eu l’idée de neutraliser le tout avec du sucre, et le résultat final a été délicieux, servi avec un yogourt à la lime (en guise de crème sure), du quinoa et des tostones.

Mariline et moi

Mariline et moi

Repas de chili

Mon premier repas comme chef du Free Spirit Hostel!

Découvrir que je souffre un peu pas mal d’anxiété de performance

Dans la vie, j’aime cuisiner, j’aime cuisiner pour d’autres et j’aime les belles assiettes.

Dans la vie, j’ai aussi des tendances perfectionnistes, que j’essaie de travailler. Je croyais que cela s’appliquait pas mal juste à ma vie professionnelle, mais en traitant mon travail bénévole comme un « vrai » travail, j’ai vu bien vite que les standards que je m’imposais étaient pas mal élevés.

L’équipe ici m’a aidée à réaliser que j’avais de l’anxiété de performance et que je me mettais beaucoup de pression sur les épaules, quand je devais plutôt voir mon travail comme du plaisir avec des amis.

Karo, la prof de yoga, m’a même dit que lorsque je parlais de cuisiner comme hobby, je m’illuminais, puis lorsque je parlais de travail, je devenais stressée et mon langage changeait.

Je voulais profiter de mon expérience au Nicaragua pour travailler quelques habitudes de vie (comme ma dépendance aux écrans et le manque de mouvement dans ma vie), mais j’ai réalisé bien vite que j’avais d’autres choses à travailler, aussi.

Ça a été un bon wake-up call!

Rerpas de rouleaux de printemps

Ça a l’air de rien, mais ceci a été – de loin – le plus difficile repas à préparer!

Macaroni au fromage

#funfact je n’aurais jamais pensé que préparer du macaroni au fromage pourrait être du sport

Je ne dis pas que tout est devenu magiquement plus facile en un mois, mais maintenant que je suis consciente de ceci, j’y fais plus attention.

L’équipe

Bénévoles du Free Spirit Hostel

Les plus meilleurs ❤️

Lors de mon passage au Free Spirit, le lieu était géré par Pamela et Renaud et deux des propriétaires, Félix et Karl, étaient présents.

En plus de moi, il y avait sept autres bénévoles, avec qui je partageais une chambre. Au départ, nous étions sept Québécois pour un Suisse parlant allemand, mais le ratio a changé pour quatre Québécois / trois Allemands en cours de route, puis cinq Québécois / un Suisse / un Américain.

J’ai beaucoup aimé les membres de l’équipe. J’étais la doyenne des bénévoles et cela paraissait un peu pas mal (surtout quant à mon heure de coucher préférée, 22h, mon heure de réveil préférée, 6h, et mes habitudes de consommation d’alcool – des shooters? Non merci!), mais tout le monde était hyper sympathique et respectueux.

Pour vrai, ça faisait longtemps que je n’avais pas séjourné dans un dortoir à huit lits, je m’imaginais un peu le pire et finalement, sans le va-et-vient quotidien, et surtout, grâce au respect et à l’amitié entre l’équipe, j’avais l’impression d’être dans une chambre privée avec des amis.

Tâches des bénévoles

Il y a quatre postes bénévoles au Free Spirit : prof de surf (deux personnes), prof de yoga (une personne), bar (trois personnes) et cuisine (deux personnes).

Chaque rôle signifie un horaire différent et des responsabilités différentes. Le seul poste qui requiert une formation est le rôle de prof de yoga.

En cuisine, je préparais six soupers et un déjeuner par semaine, avec une journée de congé le jeudi. J’étais responsable du menu et des listes d’épicerie. L’aide-cuisinière préparait trois déjeuners et aidait aux six soupers dès 17h15-17h30.

Mes gants de cuisine

J’ai eu droit à de beaux gants personnalisés 😂

Moi à la fin de mon bénévolat

Après mon dernier souper, avec mon chandail tâché d’huile et mes beaux gants rendus sales sales sales!

Un sympathique perk du bénévolat ici est de pouvoir profiter du surf et/ou du yoga, s’il y a de la place (les clients ont bien sûr priorité). J’ai donc participé à plus d’une vingtaine de cours de yoga pendant mon mois à El Transito.

Honnêtement, ce séjour m’a fait réaliser bien des choses sur mon rapport au temps. Malgré mes tâches de bénévole, mes marches et cours de yoga, j’ai rarement été aussi productive au travail. Disons qu’écrire avec une vue sur l’océan est pas mal inspirant!

Et il ne faut pas négliger le fait qu’il n’y avait pas d’internet pour me distraire…

Cours de yoga au Free Spirit Hostel

TSÉ 😍🤔🙋🏼‍♀️

C’était la deuxième fois que je faisais du bénévolat contre hébergement et nourriture, et c’était une expérience tellement positive! Sans aucun doute une quelque chose que j’aimerais recommencer dans le futur.

Tu te demandes ce qu’il y a à faire à El Transito, en dehors du bénévolat? Voici plein d’idées ici!

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Image pour Pinterest : bénévole Free Spirit Hostel

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