« As-tu essayé de rencontrer quelqu’un en ligne? »

« Pourquoi est-ce que tu ne joins pas ce groupe Facebook pour obtenir cette information? »

« Tu pourrais faire un FaceTime avec une amie si tu te sens seule! »

Pu. Capab.

Il fallait que ça sorte.

Réflexion sur l’omniprésence des écrans et d’internet dans nos vies, surtout après deux ans de pandémie et de confinement.

Ma relation avec les écrans

ma chambre aux résidences

Mon premier ordi personnel (oui, il y a beaucoup d’information visuelle sur cette photo, haha!)

Je travaille à l’ordi.

Je m’entraîne en suivant des vidéos YouTube.

Je regarde la télé pour me détendre.

Et là il faudrait que je socialise en ligne, que je trouve un chum derrière un écran, que j’assiste à un spectacle virtuel?

Il y a une raison pour laquelle j’ai commencé à faire imprimer mes photos de voyage pour les conserver dans des albums. Pour laquelle je me suis autoimposé une limite d’une heure de médias sociaux sur mon iPhone. Pour laquelle je suis HEUREUSE lorsque je visite des endroits sans WiFi gratuit. Pour laquelle non, je veux pas plus de 2Go de données sur mon forfait cellulaire.

JE N’EN PEUX PLUS DES ÉCRANS.

Quand j’étais jeune, les ordinateurs et internet étaient tellement excitants, surtout pour la jeune banlieusarde qui ne se reconnaissait aucunement dans les gens autour d’elle que j’étais. Grâce à internet, j’ai réussi à trouver des personnes partout autour du monde qui me ressemblaient.

J’ai tellement, mais tellement aimé les écrans et les possibilités infinies qu’offraient le web!

Mais là, quelque 20 ans plus tard, j’en ai marre. Marre que ma vie entière se déroule assise derrière un écran. Marre que la chose la plus importante dans toute ma vie – personnelle comme professionnelle – soit un disque dur externe de 5To. Marre que tout soit accessible, tout le temps.

Dépendance aux écrans ou mal nécessaire?

Mon ordinateur au Studio Up2Meet à Bromont

Je passe mes journées seule devant un écran. Je travaille devant un écran. Je socialise grâce aux écrans. Je me distrais avec les écrans.

Non, je ne veux pas passer une heure de plus par jour pour essayer de trouver un chum sur une app. Non, je ne veux pas demander à 150 inconnus leur opinion dans un groupe Facebook quand je me pose une simple question. Non, je ne veux pas socialiser avec mes amis à travers des écrans.

Selon une étude aucunement scientifique que j’ai faite, je peux prévoir l’état de ma santé mentale en fonction du nombre d’heures passées devant un écran. Quand ça va bien, je n’ouvre pas mon cellulaire avant 9h le matin, je travaille à l’ordi sans distractions, je fais mon yoga sur YouTube sans finir par regarder une vidéo vide, je regarde un ou deux épisodes d’une série… mais je vais aussi dehors, je lis, je cuisine, je vois des humains. 

Quand je vais bien, je peux passer une soirée entière sans même penser à mon fil Instagram.

Quand ça va mal, mon temps d’écran sur mon cellulaire dépasse quatre ou même cinq heures par jour. Je consulte Twitter entre l’écriture de deux phrases, je regarde 10 épisodes d’une même série en une soirée, je tombe dans le trou noir des articles peu pertinents de BuzzFeed jusqu’à 23h le soir.

Je regarde des écrans de mon réveil jusqu’au moment de me coucher.

Je n’ai pas de déficit d’attention. Mais la nature addictive des écrans, de l’information continue et sans fin et la facilité de tomber dans une spirale de consommation me fait perdre toute résistance, quand ça ne va déjà pas top top.

Les écrans et la culture de la productivité

iMac bureau

J’ai décidé d’écrire ce billet lors de la tempête de neige du 17 janvier. Avant, une telle journée aurait été l’occasion de prendre une pause.

Mais non, grâce aux écrans, on peut toujours rester productifs!

Certains enfants ont perdu leur journée de neige, parce que c’est maintenant possible de faire l’école sur Zoom. 

Dans quelle époque on vit!

Je n’aime pas l’hiver, mais j’habite un pays nordique. Une société qui devrait accepter que notre productivité n’est pas la même à longueur d’année. L’hiver, il devrait être possible de prendre ça plus slow, de vivre avec la luminosité, avec les défis que comporte le climat. 

La déprime saisonnière, c’est réel.

Mais non! La semaine de 40 heures, inventée lors de la révolution industrielle, persiste à l’année, sans égard aux facteurs externes qui pourraient affecter notre productivité.

Et j’ai l’impression que les écrans et internet n’ont fait qu’empirer la situation. Je me rappelle, pendant les quelques courts mois où j’ai eu un ~vrai emploi~, que j’ai dû installer ma boite de courriels professionnelle sur mon iPhone personnel, malgré mon refus de le faire à mon entrée en poste.

J’avoue que ça fait tellement longtemps que je ne me rappelle plus si c’est moi qui ai finalement pris cette décision pour me simplifier la vie ou si c’est un supérieur qui me l’a imposée, mais je me souviens que j’avais l’impression de ne pas avoir de choix : travailler signifiait devoir être joignable en tout temps grâce aux écrans.

Travailler sur internet en 2022

Laptop sur le bord de l'eau

J’adore mon emploi, qui n’existerait pas sans internet, mais je réalise que celui-ci est souvent problématique, car il n’y a aucune limite entre ma vie personnelle et professionnelle. Entre mes hobbies et mon gagne-pain. Entre mes heures créatives pour le plaisir et créatives pour le bien de mon brand.

La technologie qui rend ma vie possible rend aussi ma vie impossible à vivre.

J’en ai parlé il y a quelques mois : j’ai de la difficulté à décrocher et prendre des vacances en raison de la nature de mon travail. J’ai beau fermer mon ordinateur, si j’ai une idée à 21h le soir, je ne peux pas juste arrêter mon cerveau. Je m’envoie un courriel, je commence à écrire un article, je fais une publication sur les médias sociaux.

Il y a quelques années, j’ai suivi un conseil de Marie Forleo pour être plus productive et heureuse au travail : ne pas ouvrir les réseaux sociaux ou ma boite courriel avant d’avoir accompli la tâche la plus importante de ma journée. 

Pour moi, cela signifiait ne pas toucher à mon cellulaire le matin. Faire mes étirements, déjeuner en faisant ma séance de luminothérapie, puis attaquer une tâche choisie la veille sans distraction, sans être prise dans les (non-)urgences des autres ou les nouvelles impossibles à ignorer.

J’ai vite réalisé que ce simple changement faisait toute la différence. 

Quand la pandémie est arrivée, je n’avais plus la force mentale de résister à la nature addictive des réseaux sociaux. Plus je regarde d’écrans, plus je suis facilement distraite. Moins j’ai d’attention. Ni d’envie de faire quoi que soit d’autre.

Un cercle vicieux sans fin.

Problèmes liés aux écrans

ordinateur dans un café à Vancouver

On pourrait croire que les problèmes de santé que j’ai eus au cours des dernières années auraient été assez pour avoir un wake up call sur ma dépendance aux écrans.

Mais non.

Moins je vais bien, plus je regarde d’écrans, plus je regarde d’écrans, moins je vais bien.

Peser le piton « ignorer la limite d’écran pour aujourd’hui » est rendu tellement un automatisme que ça ne sert pratiquement plus à rien de me l’imposer.

Honnêtement, il n’y a pas de morale à cette histoire. Je n’ai pas de solution miracle. J’avais juste besoin de me vider le coeur.

J’suis tannée. J’suis à boutte. Et je sais que je ne suis pas seule.

Dans quelques jours, je pars deux mois au Nicaragua, où je vivrai en communauté et donc, où j’espère ranger mon cellulaire une bonne partie de la journée pour jaser avec de vrais humains. Où j’ai une routine bien établie qui inclut une marche matinale et un bloc de concentration court, mais efficace, pour profiter de la beauté des lieux

J’ai tellement hâte.

Je suis un peu idéaliste. Et je me demande souvent… et si c’était ça, la vie?

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Image pour Pinterest : dépendance écrans

Trouves-tu que tu passes trop de temps devant les écrans? Dis-le-moi dans les commentaires!