Le titre de ce billet dit pas mal tout. J’ai passé un peu plus d’un mois au Nicaragua cet hiver, où j’étais la « chef » d’une auberge de jeunesse dans un petit village de pêcheurs, El Transito.

J’adore cuisiner, mais je n’avais jamais cuisiné pour plus de 5-6 personnes à vie et surtout, à Montréal, j’ai accès à tous les ingrédients que je veux.

Au Nica, j’avais accès à 10 légumes (oignon, carotte, piment vert, betterave, concombre, tomate, chou, laitue, plantain, yucca), quatre protéines (lentilles, pois chiches, haricots rouges et noirs) et peut-être 15-20 autres aliments au garde-manger.

C’est TOUT. J’ai donc dû utiliser ma créativité pour créer des repas différents tous les soirs!

Surtout qu’il fallait jongler avec les allergies et intolérances (il y a même eu une végane-sans-gluten pendant deux semaines – salut Véro!) et le fait qu’on ne recevait pas toujours les aliments voulus (et qu’il faut commander ces derniers trois jours avant de les recevoir).

Disons que j’ai pu utiliser mes skills en organisation autant (sinon plus) que celles en cuisine!

Voici quelques trucs appris pendant ce séjour qui pourraient t’inspirer en cuisine (surtout en ces moments étranges).

Mes gants de cuisine

J’ai eu droit à de beaux gants personnalisés ?

Il est possible de faire des miracles même dans la plus petite cuisine

En plus des difficultés en lien avec les ingrédients, disons que la cuisine à laquelle j’avais accès au Nica m’a fait apprécier ma cuisine montréalaise, que je trouve normalement petite et limitante.

Ici, trois gros ronds au gaz, dehors (aka exposés au vent aka un soir je n’ai pas réussi à les garder ouverts), et un comptoir d’environ quatre pieds. Ah et un p’tit four, aussi. C’est tout.

Et je rappelle que je cuisinais pour 40 personnes et plus (et 10 lunchs) six jours par semaine.

Pour y arriver, deux trucs nous ont servi plus que tout : le travail d’équipe et l’organisation.

Ça ne servait à rien d’être trois autour du petit plan de travail. Une personne (une travailleuse locale) coupait les légumes, je m’occupais des cuissons dehors et une personne faisait l’assemblage et les sauces sur le comptoir.

Cuisine intérieure du Free Spirit Hostel

Cuisine extérieure du Free Spirit Hostel

Moi qui cuisine au Free Spirit Hostel

Mon premier souper!

On parlait du plan de la journée, on s’entraidait et on se laissait l’espace pour travailler. Cette façon de faire était beaucoup plus productive que d’essayer de tout faire en même temps.

Cela signifiait commencer la coupe des légumes en début d’après-midi, mais cela permettait ensuite d’avoir le temps de respirer, de bien préparer les choses, de faire quelques tests, de profiter du coucher de soleil (#priorités) et de servir toutes les assiettes pour 19h environ.

La perfectionniste que je suis a bien essayé d’être présente à toutes les étapes, mais j’ai dû me rendre à l’évidence que tout fonctionne bien mieux quand tout le monde a une tâche définie et peut se concentrer dessus seule, surtout dans un petit espace.

Cuisiner pour un groupe comporte son lot de défis

Buddha bowl végé

Notre plus belle assiette, selon moi!

As-tu déjà cuisiné pour 50 personnes? Je te confirme que ça signifie beaucoup de portions. Comme genre, beaucoup beaucoup.

Mon truc était de déterminer une quantité qui, je croyais, avait du sens, puis d’en ajouter jusqu’à ce que je trouve que c’était beaucoup trop. Ensuite, je continuais à ajouter des ingrédients jusqu’à ce que je trouve que la quantité à préparer était tout simplement absurde.

À ce moment, 90% du temps, j’avais juste assez d’ingrédients.

Le meal prep par étapes comme décrit plus haut a beaucoup aidé à batcher le travail pour rendre le tout plus facile, car quand tu regardais la montagne de légumes, c’était difficile de croire que ce serait possible d’y arriver avec le temps que nous avions!

Ah et les restants? Ça fait d’excellents lunchs (c’est d’ailleurs ce que nous mangions, comme bénévoles) et ça pouvait souvent être réutilisé dans une autre recette!

Comment faire des repas qui plairont à tous

Quand tu cuisines pour trois ou quatre personnes, tu peux demander les préférences alimentaires de chacun et faire un repas qui devrait plaire à tout le monde. Un truc qu’on m’a donné pour réussir à cuisiner pour un groupe : faire à ma tête. Prendre des décisions exécutives sans demander les avis, car j’en aurais trop de divergents.

Pour limiter les chances que quelqu’un déteste réellement ce qu’il y a dans l’assiette, au Free Spirit, il y avait une règle (que j’ai trouvé plutôt difficile à suivre, car c’est tellement différent de la façon dont je cuisine à la maison) : toujours avoir minimum trois éléments dans l’assiette. Par exemple, pâtes, salade, pain à l’ail, ou protéine, patates, légume.

De cette façon, si une personne déteste un élément, elle peut quand même souper, et au pire, échanger avec un voisin.

Burrito végé

Comme mentionné plus haut, il a aussi fallu s’adapter aux allergies et intolérances.

Nous avons décidé d’un truc simple : maximum UNE recette spéciale. C’est-à-dire que si quelqu’un est sans gluten et que quelqu’un est végane et que ces deux personnes ne peuvent manger le repas prévu, il n’y a pas une version sans gluten et une version sans produits animaliers. Il y a une version végane sans gluten, that’s it.

(J’ai l’air bien zen d’expliquer ça comme ça, mais j’ai eu un freak out de 15 minutes quand j’ai réalisé le défi supplémentaire que signifiait les repas spéciaux. J’ai dû me répéter Everything is figureoutable, ma nouvelle citation chouchou de Marie Forleo, plusieurs fois, pour le croire réellement).

Tout le monde aime les pâtes

Macaroni au fromage

#funfact je n’aurais jamais pensé que préparer du macaroni au fromage pourrait être du sport

Je me suis forcée pour faire certains repas plus ~fancy~, mais honnêtement, tout le monde était hyper heureux lorsqu’on préparait un simple plat de pâtes. Mac & cheese, spagat bolognaise, macaroni tomate/fromage et j’en passe.

Surtout que la plupart des gens à l’auberge passaient la journée à faire du sport (surf et/ou yoga), les carbs étaient un choix très populaire au souper.

Des fois, la simplicité est le choix gagnant. J’en ai déjà parlé, je crois que les meilleurs repas ne nécessitent pas des éléments chers ou des préparations hyper compliquées.

Si tu dois cuisiner pour un groupe pour la première fois, vas-y avec quelque chose de facile, que tout le monde va aimer, et qui te donnera confiance. Quand tu seras un peu plus rodée, ce sera plus facile de faire des recettes avec un niveau de difficulté un peu plus élevé.

C’est possible de varier le goût d’un nombre limité d’ingrédients

Honnêtement, quand j’ai vu le nombre d’ingrédients auxquels on avait accès, je me suis dit que tous les repas allaient goûter exactement la même chose.

Pourtant, je me suis moi-même surprise par les différences entre les différents soupers. Cru, cuit, râpé, coupé en cubes, en julienne, nouvelles associations d’éléments – il est possible d’arriver à un nombre impressionnant de recettes aux goûts différents avec un nombre minime d’ingrédients.

J’ai même réussi à faire des sloppy joe et du spaghetti bolognaise hyper différents avec pratiquement les mêmes ingrédients!

Sloppy joe végétarien

Spaghetti bolognese

Souvent, mon truc a simplement été de googler « recette avec ingrédient X » et mettre un aliment différent en valeur. Un jour, c’était peut-être les haricots, l’autre jour le riz était au centre de l’assiette, un autre jour, je m’inspirais du fromage.

J’ai utilisé certaines des recettes que je fais à la maison, mais honnêtement, 90% de celles-ci ont été des improvisations totales. Mon raisonnement était que si j’utilisais des bons ingrédients, même si ça ne donnait pas le résultat escompté, ça ne pouvait pas être si mauvais que ça.

J’ai été heureusement surprise de mon succès. Bien sûr, il y a eu quelques critiques, mais généralement, les gens ont été tellement encourageants que ça m’a donné pas mal confiance.

Ma recette la plus populaire

Plusieurs galettes de quinoa

La 2e fois que j’ai fait cette recette!

Galette de quinoa

La dernière fois où j’ai fait mes galettes, le soir avant mon départ!

J’ai réussi à faire des repas différents pas mal tous les jours – certains éléments sont revenus plus d’une fois, mais généralement, le repas était toujours différent.

Il y a une seule recette que j’ai fait trois fois et dont je me suis fait demander la recette par des dizaines de personnes (je ne niaise même pas) : mes galettes de quinoa.

La meilleure partie? Cette recette était un accident.

À la maison, je fais souvent des galettes courgette/maïs. Un peu comme des gros pancakes avec des légumes. Puisque j’avais accès à des achiaotes, qui ressemblent à des courgettes, à du maïs en canne et au nécessaire pour faire des crêpes, je me suis dit que je ferais cela…

Sauf que, le jour de cuisiner arrive, et il ne reste presque plus de farine.

Je décide donc d’utiliser du quinoa plutôt que de la farine pour faire mes galettes. Sauf que je réalise que le achaiote est beaucoup plus mouillé que la courgette, alors j’aurais besoin de farine pour faire tenir le tout, HAH! Ouf, on a de la chapelure, tout est beau.

Bref, mes galettes ont pas mal changé du plan initial, haha! Quand on ne choisit pas nos ingrédients, il faut utiliser de la créativité!

La recette finale a été quinoa, achaiote, oignon, parmesan, chapelure et oeufs, je crois? Quand j’ai voulu les refaire, je ne me rappelais plus trop de ce que j’avais fait, donc ça a plutôt été quinoa, achiaote, oignon, pesto, chapelure, lait, oeufs et carottes!

J’ai su après avoir fait cette recette pour la première fois que la plupart des cuisinières ici ne font jamais de galettes, car c’est supposément ce qui prend le plus de temps. Pour moi, c’était la chose la plus facile, et même si tout le monde m’a dit que la lasagne était un plat hyper facile, je trouvais que ça semblait impossible.

Cuisson des galettes de quinoa

La cuisson des galettes (clairement le poêle à gauche allait mieux haha!)

Le repas le plus facile à faire? À mon grand étonnement, le dahl. C’était tellement bon, en plus. Un plat que je vais refaire à la maison, sans faute!

Dahl, quinoa, yuca et genre de salsa tiède

Dahl, quinoa, yucca et genre de salsa tiède

Bref, ça vaut la peine d’expérimenter, mais vas-y avec ce avec quoi tu es le plus à l’aise. Et si tu te rends compte que ta recette ne tourne pas comme tu voulais, google!

Tu peux fixer bien des choses (par exemple utiliser du sucre si tu as trop mis de piquant) si tu prends une bonne respiration et que tu prends le temps de faire des tests.

Repas de chili

Ce chili trop piquant a été sauvé grâce au sucre (et au #fastthinking de l’aide-cuisinière, Mariline)

C’est pourquoi tous les éléments mentionnés plus haut sur la préparation sont si importants!

Cuisiner végé, un avantage ou un inconvénient?

À la maison, je ne mange pas beaucoup de viande, mais je ne suis pas végé. Je n’ai donc pas 3000 recettes dans mon arsenal.

J’aurais pu me rendre la tâche plus simple en réutilisant les recettes les plus populaires plus souvent, mais j’ai bien aimé le défi de trouver de nouvelles choses à cuisiner avec les mêmes ingrédients.

L’autre défi était de plaire à autant de gens, la majorité n’étant pas végé.

Malgré tout ça, je dirais que cuisiner végé était plus facile que si j’avais cuisiné de la viande. Surtout parce que j’avais moins de stress par rapport à la cuisson (ce n’est pas tant grave si quelque chose est mal cuit) pour arriver à mon objectif du mois de ne rendre personne malade, haha. #SUCCÈS

J’ai réussi à créer une belle variété de plats, certains plus « viandeux » et d’autres végé-assumé, ce qui, je crois, a permis de rendre tout le monde heureux.

Aussi, en utilisant les mêmes épices que si j’avais cuisiné de la viande, certaines personnes qui s’en ennuyaient m’ont dit avoir eu la petite dose carnivore dont ils avaient besoin.

Bref, ça m’a donné plein d’idées et de trucs pour de nouvelles recettes à faire à la maison au cours des prochains mois!

Envie d’en savoir plus sur mon travail de bénévole à l’auberge Free Spirit? J’ai écrit à ce sujet ici!

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Image pour Pinterest : trucs pour cuisiner végé

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