Souvent, des gens me disent que je suis courageuse d’être travailleuse autonome et ça m’embête pas mal. Pour moi, c’est avoir un employeur qui est brave!

Je n’ai pas eu beaucoup de « vraies » jobs dans la vie, car ce mode de vie ne me convient pas du tout. Étudiante, j’ai travaillé au IGA (j’ai quitté après une tendinite), chez Souris Mini (on m’a fortement encouragée de démissionner) et chez Simons (j’ai été mise à la porte), entre autres.

Par la suite, les emplois que j’ai eus (et qui m’ont plus plu) avaient des horaires irréguliers, des tâches variées, et on me donnait des responsabilités qui correspondaient à mes forces (aka pas vendre).

Quand j’ai terminé l’université, je pensais que je ferais « comme tout le monde » que je trouverais une « vraie » job, que j’entrerais dans le moule.

Sauf qu’au même moment où une opportunité s’est offerte à moi, mon frère est décédé (à trois semaines d’intervalle, pour être exacte), ce qui m’a forcée à me questionner sur à peu près tout. La vie, les responsabilités, les jobs, l’argent, les priorités, etc.

Et une des réalisations que j’ai faite est que je ne suis pas faite pour un environnement corporatif, sérieux, straight, avec un horaire régulier. Je suis faite pour être travailleuse autonome.

Ceci étant dit, être pigiste n’est PAS pour tout le monde. Voici quelques pistes pour t’aider à voir si c’est pour toi. 

ordinateur notes impôts travailleur autonome

Apprendre à gérer son horaire

Premièrement, quand on travaille à son compte, il n’y a pas de règles préétablies. Il faut gérer son propre horaire. Ça peut sembler simple, mais ce ne l’est pas nécessairement!

Perso, je ne peux pas être 100% productive du lundi au vendredi, de 9h à 17h. Et ça m’a pris des années pour comprendre ça. Je travaille encore sur un horaire qui fonctionnera à 100% pour moi – je suis proche de quelque chose, mais je n’y suis pas encore arrivée – et je suis 100% à mon compte depuis 2015!

Un des trucs que je me répète souvent est que si je ne travaille pas, je ne serai pas payée. Point barre.

J’ai un système qui peut sembler intense, mais qui me permet de prévoir le temps nécessaire pour réaliser tous mes mandats – et avoir du temps libre.

Moi dans le Bas-Saint-Laurent

Voyager ❤️

Le vendredi, je note tout ce que j’ai à faire la semaine suivante. Puis, à la fin de la journée, je note mes tâches précises pour la journée suivante (5 tâches maximum). À la fin de la semaine, j’écris ce que j’ai RÉELLEMENT fait (spoiler : ce n’est jamais ce qui était indiqué en début de semaine!). À la fin du mois, je liste ce que j’ai accompli au cours du mois.

Ça me permet de voir le travail accompli et de comparer cela à mes rentrées d’argent, pour voir si mon temps est bien investi. Si ce n’est pas le cas, c’est plus facile de voir où j’ai fait des erreurs, car j’ai des traces.

S’assurer de prévoir assez de temps pour tous ses clients et pour toutes les tâches connexes liées au fait d’être pigiste sans sacrifier sa vie personnelle, ce n’est définitivement pas aussi facile qu’on pourrait le croire.

Ne pas travailler en tout temps

Pour revenir au point précédent, je suis pas mal certaine qu’il est tout simplement impossible d’être productive 100% du temps, 40 heures par semaines. Alors, imagine si tu travailles TOUT LE TEMPS!

Quand on commence à travailler à son compte, parfois, les rentrées d’argent sont VRAIMENT rares (j’y reviens plus bas), alors il est tentant de dire « je vais travailler plus, donc je vais faire plus d’argent ». C’est un bon raisonnement, mais ça ne marchera pas nécessairement.

graphique argent épargne

Après un certain nombre d’heures, ton cerveau ne voudra tout simplement plus travailler. Tu vas mal le faire, produire des trucs que tu ne voudras jamais remettre à un client, et devoir repasser par dessus après. C’est du temps perdu.

Pour être travailleuse autonome, il faut être capable de se donner des règles au sujet de l’overtime – et quand ne pas en faire.

C’est malsain de travailler tout le temps, même si tu aimes passionnément votre travail. Peut-être que tu n’as pas besoin d’un weekend traditionnel de 2 jours, peut-être que tu peux travailler tard le soir sans souci, mais tu dois inclure des pauses quelque part.

De mon côté, à moins de cas de force majeure, je termine de travailler à 18h maximum et je ne travaille pas la fin de semaine. Si je travaille trop tard, mon sommeil sera affecté (et donc, ma productivité).

Savoir où (et quand) on est plus productive

Dans la vie, on glorifie beaucoup le multitasking. Mais pourtant, c’est à peu près la pire chose au monde. Puisqu’en étant pigiste, il faut s’auto-gérer, il faut réellement apprendre à comprendre la productivité et comment elle peut être maximisée.

C’est pour ça que j’ai développé mon horaire super détaillé, par écrit. Comme dit ma BFF Marie Forleo (dans mes rêves) : if it’s not scheduled, it’s not real. Si ce n’est pas à l’horaire, ce n’est pas réel. 

personne qui travaille à l'ordi

Je sais que le matin, mon cerveau travaille d’une façon différente que l’après-midi. Que je suis moins productive le vendredi que le lundi. Je sais que si je cours de meeting en meeting la moitié de la journée, je vais avoir besoin de temps pour revenir dans ma « zone », et je risque donc d’être moins productive. Je sais que si je vais travailler dans un café avec une amie, je dois prévoir des tâches assez légères, car ma concentration ne sera pas optimale. Pour développer ces connaissances, il faut faire des essais-erreurs.

Mais ça permet de savoir où et comment concentrer son temps et son énergie, pour ne pas travailler dans le vide.

Dans mon cas, j’essaie de suivre un horaire ressemblant à cela :

  • Me donner des tâches spécifiques selon le jour de la semaine (ex. : je fais de la facturation le vendredi seulement);
  • Je commence tôt, pour pouvoir prendre une pause « déjeuner / douche / habillement » après avoir accompli certaines tâches, ce qui me fait sentir hyper productive;
  • Je m’habille TOUS LES JOURS! Surtout si j’ai des tâches plus importantes – je suis plus productive en vêtements qu’en mou;
  • Je consacre 30 minutes à mon « éducation professionnelle » et 1h à des tâches liées à mon entreprise (voir plus bas) tous les jours, sans exception;
  • Je travaille en batchs de 30 minutes, puis je m’accorde une pause de maximum 10 minutes (et j’utilise une minuterie!);
  • J’essaie de ne pas prendre plusieurs rendez-vous la même journée et lorsque j’en ai, j’essaie de les placer pour ne pas trop affecter ma productivité, et je travaille plus tôt ou plus tard pour compenser, lorsqu’il s’agit de rendez-vous perso.

Travailler SUR son entreprise, pas juste sur ses mandats

Travail sur balcon été

Travailler sur mon balcon, l’été ❤️ (et l’ancienne vie de ce site web)

Bon, assez parlé de la gestion d’horaire, voici un sujet un peu plus sérieux (et plate, sorry). Quand on travaille à son compte, on a des responsabilités qu’on n’a pas lorsqu’on travaille en entreprise.

Il faut démarcher pour obtenir des clients. Facturer. Faire des suivis. Penser à des questions légales. Imaginer de nouveaux projets. Gérer ses finances (il y a tant de choses à considérer!) et plein d’autres tâches connexes.

Si on ne fait que travailler sur nos mandats en cours, on va éventuellement se retrouver sans aucun projet à venir – et donc, aucune rentrée d’argent prévue. Il faut donc toujours être on, regarder ce qui s’en vient et prévoir en conséquence.

Comme je l’ai mentionné plus haut, je consacre 30 minutes tous les jours à apprendre, et une heure à travailler sur des tâches connexes. J’ai commencé ce système cet hiver, lorsque j’ai suivi le B-School de Marie Forleo, et j’ai bien vite réalisé que c’était une formule gagnante.

Au lieu de sauter sur tous les articles et vidéos qui semblent intéressants, j’ai bâti une liste de ressources et je m’y attarde tous les jours. Les sujets sont variés, allant de l’optimisation des médias sociaux pour les blogueurs, à la meilleure façon d’approcher des clients qui sont en retard sur leurs paiements, à des idées pour créer des revenus passifs, et j’en passe.

Ensuite, je prends une heure pour travailler sur le back end de mon entreprise et faire des tâches qui ne sont pas importantes pour personne sauf moi. Mieux organiser mon calendrier éditorial de blogue. Améliorer mon système de facturation. Automatiser certaines actions que je devais autrement faire manuellement. Me renseigner au sujet d’associations professionnelles, d’assurances.

Et j’en passe.

blogue de finances personnelles

Cette heure et demie, je l’investis sur moi-même, avec l’objectif qu’elle m’aidera à moyen long terme. C’est dur, des fois, quand il y a des projets urgents, mais il est important de se garder un certain temps pour travailler à améliorer son entreprise et ses conditions de travail, pas juste être en mode réaction.

Accepter les rentrées d’argent incertaines

Finalement, je ne pouvais pas, pas en parler, car c’est souvent un sujet qui intrigue les gens. « Arrives-tu à bien vivre en travaillant à ton compte? » Oui, mais…

chat couvert d'argent

Chaque situation est différente. Nous avons toutes besoin d’un salaire annuel minimum différent pour vivre un style de vie qui nous plait.

Voici ma petite histoire :

  • 2010 : je termine l’université avec un BAC, double majeure : journalisme télé & sciences politiques. Et aucune idée de ce que je vais faire avec ça. J’ai une job à temps partiel en promo.
  • 2011 : une amie de la job me parle d’une amie à elle qui offre un stage en médias sociaux. J’ai l’impression que ces connaissances vont m’aider à trouver une « vraie » job, donc je postule. On m’offre une job à la fin du stage, ce que j’accepte… avant de réaliser que ce n’est pas pour moi. Je continue à cumuler les jobines en promo et en télé. En décembre, on m’offre une « vraie » job sur un plateau d’argent.
  • 2012 : ma première année en tant qu’adulte! Je fais enfin un salaire qui me permet de vivre… mais je déteste ça. En septembre, j’ai une porte de sortie, je la prends.
  • 2013 : je réalise un rêve en partant 6 mois en Australieet je reviens super endettée. Je cumule les jobines, mais ça ne me permet pas de bien vivre. À l’hiver, j’accepte un poste au salaire minimum pour joindre les deux bouts.
  • 2014 : grâce à une amie, j’obtiens un poste à temps plein pendant environ 6 mois, et je cumule les jobines le reste de l’année. Je finis l’année avec un salaire so-so.
  • 2015 : je réalise (enfin!) que si je veux réussir à mon compte, je ne dois pas attendre après les clients, je dois créer mes propres opportunités. Je finis l’année avec un salaire de misère, mais une meilleure idée de ce que je veux faire.
  • 2016 : dans le but de m’aider à réaliser mes projets, je fais un cours en entrepreneuriat. J’ouvre ma boutique en ligne. Je précise mon offre de service. Mais je finis encore l’année avec un salaire de misère.
  • 2017 : LES CHOSES SE PASSENT! Je double mon revenu de l’année précédente, pour ENFIN arriver dans la ~classe moyenne~. Mais je travaille beaucoup trop, et je termine l’année épuisée.
  • 2018 : je travaille à trouver le juste milieu entre vouloir faire assez d’argent pour tout faire ce que je veux faire, mais ne pas trop travailler. Mon salaire annuel devrait être similaire à celui de l’an dernier.

Bref, ça m’aura pris 7 ans pour arriver à un revenu que je trouve convenable, MAIS je n’avais AUCUN plan en me lançant à mon compte, ce qui a certainement retardé le processus de beaucoup. Ma priorité était mon bonheur, pas mon compte en banque, et ça reste le cas. Mais on s’entend que je ne crache pas sur les rentrées d’argent supplémentaires qui OUI, me permettent de réaliser plus de rêves.

Si tu as un plan, tu pourrais faire l’équivalent de ton salaire actuel dès ta première année à la pige. Mais si tu as le moindre doute, mets de l’argent de côté, au cas où.

Et aies un plan pour gérer tes finances. Ce n’est pas à prendre à la légère. Je travaille présentement sur une nouvelle version de l’aide-mémoire pour travailleuses autonomes, qui est ma façon à moi de rester organisée (si tu l’as déjà, la mise à jour te sera envoyée gratuitement!).

 

Certaines préfèrent des logiciels, d’autres des fichiers Excel. L’important n’est pas tant le système utilisé, mais plutôt d’en avoir un. Même si c’est plate.

Alors, est-ce pour toi?

Ce billet aurait facilement pu être 2x plus long. Je n’ai même pas parlé de trucs super importants, comme déterminer son salaire horaire, créer un contrat pour travailler avec des clients, où travailler (à la maison ou dans un bureau loué?) et j’en passe. Il y a énormément de questions à se poser avant de décider de devenir travailleuse autonome, surtout si ça signifie quitter un emploi avec un salaire fixe et des avantages sociaux.

Ne prends pas ça à la légère. Mais si tu es aussi malheureuses que je l’étais dans une job traditionnelle (même si c’est, techniquement, une job de rêve!), sache qu’il existe d’autres options.

Après avoir lu tout ça, tu aimerais savoir ce que moi, je fais dans la vie? Ce billet est pour toi!

Tu as aimé ce billet? Épingle-le sur Pinterest!

Image pour Pinterest : devenir travailleur autonome

Aimerais-tu devenir travailleuse autonome? L’es-tu déjà? Dis-le-moi dans les commentaires!