J’ai voyagé pas mal dans ma vie, mais j’ai réalisé que ces voyages avaient surtout été dans des pays occidentaux et industrialisés au moment où j’ai mis les pieds à Cuba.

L’anglais n’est pas parlé partout. Il y a un étrange système de paiement, avec deux monnaies. Les cartes de crédit (ou débit) ne sont pas utilisées. Et l’accès à internet n’est pas si facile que ça, pour s’aider à tout comprendre.

J’aurais vraiment dû faire plus de recherches avant de me rendre sur place. 

La Havane est une ville vraiment spéciale, que je vous recommande vraiment. Mais ne répétez pas mon erreur en présumant que puisque la ville est populaire auprès des touristes, elle est facile à naviguer.

Voici plusieurs choses que j’aurais voulu (ou dû, soyons honnêtes) savoir avant de visiter La Havane.

Plaza Vieja : À savoir avant de visiter La Havane

À la Plaza Vieja, dans Habana Vieja

La Havane n’est pas une destination particulièrement abordable

Cuba est un pays reconnu pour être peu cher, mais La Havane peut être dispendieuse. On s’entend, ce n’est pas Copenhague, mais j’ai été surprise par moments!

Il ne faut pas oublier qu’un CUC vaut plus qu’un dollar canadien, donc lorsque le prix affiché est de 15$, on parle de plus de 18$. Plus le montant monte, plus ceci peut faire une différence!

Par exemple, je me suis rendue au restaurant le plus touristique de toute La Havane, La Guarida, pour dîner. C’est un endroit si connu que même Beyoncé et Jay-Z y ont déjà soupé, tsé! Pour deux entrées, un mojito, de l’eau et un dessert, j’ai payé 40CUC, soit 50$! Ce n’est pas le repas le plus cher de ma vie, mais on s’entend que ce n’est pas donné.

Repas à la Guarida : À savoir avant de visiter La Havane

Restaurant La Guarida : À savoir avant de visiter La Havane

Deuxième étage La Guardia : À savoir avant de visiter La Havane

Le restaurant est au 3ème étage d’un bâtiment de Centro Habana. Au 2e, on peut souvent voir les nappes en train de sécher!

Mais c’était SI bon. Worth every penny.

Côté hébergement, puisque mon hôtel était inclus dans le forfait Duo de Transat, je ne connais pas son prix exact par nuitée, mais une amie qui s’est rendue à Cuba de façon indépendante quelques jours après moi m’a mentionné sa difficulté à trouver un hôtel qui convenait à son budget. Il faut prévoir au-dessus de 100$ par nuit pour un hôtel près du centre.

Il est aussi possible de louer des casa Particulares ou de trouver un Airbnb, qui sont souvent moins chers, mais faites bien attention de lire les inclusions : plusieurs services pourraient être en extra.

Certaines personnes choisissent, pour cette raison, de faire affaire avec un local qui organise des séjours et offre des recommandations. Vous pouvez lire l’expérience de Mayssam de Will Travel for Food avec un tel service, SuiteCuba (en anglais) ici.

Bref, ce n’est pas CHER, mais il est faux de penser que La Havane sera une destination super abordable.

Le nom des rues est parfois indiqué par terre

Noms de rue au sol : À savoir avant de visiter La Havane

Assez self-explanatory.

Mais pas tant évident au départ!

Centro Habana vaut le détour

Je ne sais pas pourquoi, mais plusieurs Cubains que j’ai rencontrés m’ont laissé croire que Centro Habana n’était pas intéressant, que je devrais plutôt aller dans Habana Vieja le plus rapidement possible. Pour protéger un quartier plus local? Parce qu’ils croient honnêtement que cet endroit m’intéresserait moins?

Toujours est-il que, bien que j’ai fait de super découvertes dans Habana Vieja, les rues de Centro Habana ont été mon grand coup de coeur. Il y a quelque chose de si authentique (je cherchais un autre mot, car celui-ci ne veut pas dire grand-chose, mais bon), de si vrai à cet endroit.

Centro Habana : À savoir avant de visiter La Havane

Centro Habana : planifier un voyage à Cuba

Prenez le temps de vous y perdre.

On y mange SI bien

Encore une fois, je suis arrivée à Cuba avec une idée plutôt préconçue à ce sujet. J’ai consulté plein de blogues pour trouver de bonnes adresses, mais je m’attendais à de la nourriture « bonne pour Cuba », pas bonne tout court.

Pourtant, j’y ai fait de super découvertes. La Guarida, dont j’ai parlé plus haut. Il y a aussi un bar sur le toit, avec une vue spectaculaire. Il était fermé lors de mon passage, mais j’ai pu y jeter un coup d’oeil. Assurez-vous d’y aller aussi.

Même si c’est MÉGA touristique, j’ai trouvé que ça valait le coût. Bon à savoir : les réservations sont nécessaires, et il faut confirmer la veille par téléphone ou en personne.

Plus gros coup de coeur bouffe à La Havane : El Del Frente, un joli restaurant de Habana Vieja. J’ai commandé un délicieux ceviche, une portion de pain (beaucoup trop grosse!) et de l’eau, pour 12CUC.

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GROS coup de coeur pour le El Del Frente dans Habana Vieja

On m’a aussi recommandé Dona Eutimia, pour découvrir la gastronomie cubaine. J’ai commandé un mojito special, les jamón croquetas, la carne frita et de l’eau, pour 19CUC. Un tel repas aurait facilement pu nourrir deux personnes! C’était très bon.

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Mention spéciale pour le Café O’Reilly, où je me suis arrêtée pour un cocktail. Mon plus grand regret du voyage est de ne pas avoir rapporté du café vendu sur place à la maison!

Café O'Reilly : À savoir avant de visiter La Havane

C’est une destination très sécuritaire, mais…

La Havane est une destination très sécuritaire pour les touristes. Mais il y a un « mais », qu’il faut bien connaître.

S’éduquer sur la situation politico-économique de Cuba permet de comprendre l’attitude de certains Cubains, qui « offrent » de nous montrer un commerce ou nous demandent de leur donner des produits ou de l’argent. Les Cubains ne l’ont pas facile, et pourtant, la très grande majorité est souriante, gentille, généreuse.

Mais, voilà. Un Cubain qui veut vous suggérer une adresse ne le fait généralement pas par bonté, mais plutôt parce qu’il recevra une commission du lieu où il vous amène, ou qu’il espère un pourboire.

Et, malheureusement, certains Cubains sont rendus dépendants de l’aide touristique, et peuvent demander de l’aide de façon insistante et parfois troublante.

J’ai vécu deux incidents :

Le premier, dès le lendemain de mon arrivée. Je me suis rendue à Habana Vieja, devant le Capitolio et j’étais en train de prendre des photos lorsqu’un homme m’a approchée pour me proposer ses services de chauffeur de taxi. J’ai décliné poliment, puis il a continué à me parler, me demandant d’où je viens, combien de temps je resterais, etc. Voulant être gentille, j’ai répondu, ce que je n’aurais pas dû faire, car il a commencé à insister pour que je lui donne de l’argent.

Capitolio : À savoir avant de visiter La Havane

Maisons colorées de La Havane : À savoir avant de visiter La Havane

J’ai refusé et je suis partie, mais il m’a rattrapée. Il m’a demandé des cadeaux. Encore une fois, j’ai été trop polie, je lui ai dit la vérité, soit que j’avais prévu des cadeaux pour les Cubains, qui se trouvaient à mon hôtel. Il m’a demandé (encore une fois) d’embarquer dans son taxi, cette fois-ci pour aller à mon hôtel, pour que je lui donne ces cadeaux. J’ai encore bien sûr refusé, et c’est là qu’il a commencé à être agressif et à me crier des insultes en anglais en me suivant.

« Fuck you, you fucking fuck, I thought Canadians were supposed to be nice and you’re just a fucker who should go back to your own country. Cubans hate you and you’re not welcome here », ça fesse un petit peu.

J’étais dans un endroit public bondé, en plein jour, donc je savais qu’il n’y avait pas de risque réel, mais disons que ça n’a pas été l’expérience la plus agréable de mon voyage.

Deuxième anecdote : comme toute bonne touriste, je voulais ~vivre une expérience typique~ et essayer un « vrai » restaurant cubain. J’ai remarqué que des dizaines de Cubains faisaient la file devant des petites fenêtres où on vendait des sandwichs, donc j’ai voulu en essayer une. Le prix indiqué était « 10 », sans mention de CUP ou CUC.

En raison du nombre de Cubains sur place, je me suis dit que ça devait être CUP, car 10CUC équivaut à un bon 13-14$ et que les sandwichs n’avaient pas l’air si bonnes, haha. J’arrive pour payer, le monsieur ne parle qu’en espagnol, et me demande 10CUC. Je suis abasourdie, mais ça ne me tente pas de m’obstiner (après tout, si c’est une fraude, il a plus besoin de l’argent que moi), alors je paie.

On me remet la sandwich dans une assiette (j’aurais dû spécifier pour emporter), je me dis que ce n’est pas grave, que je vais manger en vitesse. Erreur! C’est une tactique pour essayer de me soutirer plus d’argent… Une dame, qui travaillait avec le caissier, commence par me demander de lui acheter une sandwich. Puisque j’étais presque à sec de CUC, je lui dis que c’est impossible, mais je lui offre la moitié de ma sandwich (qui est tout simplement dégueulasse). Elle refuse et me demande de l’argent. J’essaie de lui expliquer que je n’en ai plus. Elle insiste.

Je sors les produits de bain piqués à l’hôtel (légalement) ce matin-là pour des situations du genre, je lui dis que c’est vraiment tout ce que j’ai. Elle les prend et semble contente… mais revient à la charge. Elle en veut plus. Je lui explique dans mon espagnol plus qu’approximatif que je n’ai honnêtement, réellement pas rien d’autre (tout en essayant de me dépêcher à finir ma sandwich). Elle commence alors à pointer les vêtements que j’ai sur le dos, me disant de lui donner!

J’ai perdu patience, je suis allée porter l’assiette au comptoir et je suis partie.

Je veux que ce soit clair : ces incidents sont anecdotiques. Mais ça ne les rend pas moins désagréables.

Je n’ai pas eu peur, ni pour ma sécurité, ni de me faire voler quoi que ce soit. La Havane est sécuritaire. Mais il est possible de vivre des situations déplaisantes.

Comment suivre les indications pour piétons

Traverse piétonne : À savoir avant de visiter La Havane

Je me suis sentie un peu niaiseuse lorsque j’ai réalisé ceci, mais je me dis que je ne suis peut-être pas la seule : si, ici, nous sommes habituées de traverser la rue lorsque le bonhomme et vert et qu’on se risque souvent alors qu’il est rouge et clignotant, il ne faut pas faire la même chose à Cuba!

Lorsque le bonhomme est vert, traversez, mais lorsque le bonhomme est rouge avec un décompte, ce n’est pas « le temps restant avant qu’il ne faille plus traverser », c’est un décompte jusqu’au moment où il SERA possible de traverser.

Regardez où vous mettez les pieds en tout temps

L’architecture de Cuba est vraiment spectaculaire et il est facile de se laisser distraire.

Mais, parole d’une gaffeuse, essayez de garder un oeil sur vos pieds en tout temps, car ce n’est pas parce que vous êtes présentement sur un trottoir que celui-ci existera encore 10 mètres plus loin, ou qu’il n’y aura pas des débris ou un trou devant vous.

Centro Habana : À savoir avant de visiter La Havane

Centro Habana

La ville n’est pas si grande, mais…

Plusieurs hôtels sont situés très loin de Centro Habana et Habana Vieja, et offrent un service de navette pour aller en ville quelques fois au cours de la journée.

J’ai préféré un hôtel plus près pour avoir une plus grande liberté d’horaire, ce que j’ai vraiment adoré. L’hôtel Nacional où j’ai séjourné est situé dans Vedado, à deux pas de Centro Habana. J’ai pu me rendre à plusieurs endroits à pied et même revenir faire une sieste, un après-midi.

Mais, contrairement à ce que je croyais, il n’est pas possible de se déplacer UNIQUEMENT à pied. Certains attraits sont trop loin (Plaza de la Revolución ou Fabrica del Arte, par exemple) et il faut compter presque une heure de marche pour rejoindre l’extrémité de Habana Vieja à partir de Vedado. Une fois, ça se fait bien, deux aller-retour, comme je l’ai fait un jour, c’est peut-être abuser!

Vue de la Plaza de la Revolución : À savoir avant de visiter La Havane

Vue de la Plaza de la Revolución

Il existe différents types de taxis (communautaires, nationaux, touristiques, à vélo, etc.) et même un taxi-train sur le Malecón, pour se déplacer plus facilement. Le plus important : confirmez le coût du transport AVANT et négociez, au besoin. Vous ne devriez presque jamais payer plus de 10CUC pour un trajet, si vous restez dans les zones plus touristiques.

Ce n’est pas parce que quelque chose est connu que ça vaut le détour

Ce conseil devrait être donné dans presque toutes les destinations touristiques, mais je l’avoue, je me suis laissée tenter à Cuba.

« C’est à la Bodeguita del Medio que les mojitos ont été inventés! » C’est aussi là qu’ils sont parmi les plus chers (5CUC) et, honnêtement, pas les meilleurs! Mais le lieu est quand même bondé, surtout le jour.

Bodeguita del Medio : À savoir avant de visiter La Havane

Mojito au Bodeguida del Medio : À savoir avant de visiter La Havane

J’ai peut-être renversé la moitié de ce mojito sur un pauvre Cubain en prenant cette photo

J’ai failli me laisser tenter par un drink à La Floridita, *le* spot préféré de Ernest Hemingway, mais dès que j’ai vu l’intérieur plutôt quelconque, j’ai changé d’idée.

La Floridita : À savoir avant de visiter La Havane

La crème glacée de la Heladería Coppelia? Bof, tout au mieux.

Heladería Coppelia : À savoir avant de visiter La Havane

Le « problème » à La Havane est qu’il est difficile de trouver de « réels » bons endroits « authentiques » : les vrais établissements cubains ne sont pas connus des touristes, et il est difficile de faire des découvertes on the spot, car les meilleures adresses sont souvent cachées ou avec des heures d’ouverture peu communes.

Et sans connexion internet, difficile de vérifier si le lieu qui se trouve face à nous est bon ou non, sauf en l’essayant!

Autre adresse essayée pas mal juste « parce que ça a l’air populaire » : La Casa Del Perro, où j’ai attendu en file un bon 15 minutes pour commander… un hot dog froid à 1CUC. LOL.

Hot dog à Cuba : À savoir avant de visiter La Havane

Ne se connecte pas à internet qui veut

J’en ai parlé dans un précédent billet sur Cuba, je n’ai pas réussi à me connecter à internet dans les hot spots où se trouvaient de nombreux Cubains.

Geneviève, une lectrice, m’a dit qu’il faut se procurer une carte chez Etecsa, qui coûte 1CUC pour une heure. C’est le même système que dans certains hôtels (dont celui où je séjournais à Varadero), mais qui ne fonctionne pas toujours, ou avec tous les appareils!

Les infrastructures touristiques ne sont pas toujours claires

Chinatown : À savoir avant de visiter La Havane

Fun fact : il y a un Chinatown à La Havane. La porte est pas mal tout ce qu’il y a à voir, haha!

Dernier point avant que ce billet ne devienne un roman : à Cuba, comme dans plusieurs autres pays, on vit sur le island time, où le stress n’existe pas comme ici.

Vous voulez prendre l’autobus touristique? Il n’y a pas d’horaire ni d’indications à certains arrêts. Rendez-vous au coin de rue conseillé et faites signe au chauffeur, « qui devrait passer aux 30 minutes environ ».

Vous aimeriez une carte touristique de la ville? Désolée, ça n’existe pas! Bon, ça existe sûrement, mais il n’y en avait ni à mon hôtel, ni au centre infotouriste que j’ai visité. Sans internet et sans carte, il peut être plutôt difficile de s’orienter, haha!

Ne vous attendez pas à tomber sur des attraits par hasard. Faites vos recherches avant, et sauvegardez les adresses.

Callejón de Hamel : À savoir avant de visiter La Havane

Difficile de tomber sur le Callejón de Hamel par hasard!

Je vous conseille TRÈS fortement d’utiliser Google Maps hors ligne (je vous explique comment le faire dans ce billet), en vous assurant d’avoir sauvegardé toutes les adresses qui vous intéressent. Ça aide ÉNORMÉMENT. 

Lorsque je me suis rendu compte qu’il me manquait d’informations pour profiter pleinement de mon séjour, je suis allée au centre infotouristique, où il n’y avait qu’une employée et un minimum d’une demi-heure d’attente. Je suis partie et je me suis débrouillée, haha!

Malgré ses plus de 2500 (!) mots, je suis consciente que ce billet est incomplet. Je n’ai passé que 3 jours à La Havane!

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Image Pinterest : À savoir avant de visiter La Havane

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J’ai été invitée en tant que média par Transat.